L'Ordre des Templiers est créé en 1118. Il sera dissout 200 ans plus tard en 1312, des suites du procès que mène Philippe IV le Bel à son encontre entre 1307-1314. Le grand maître de l'ordre du Temple Jacques de Molay est brûlé à Paris le 18 mars 1314 en compagnie de son adjoint, Commandeur du temple de La Rochelle, Précepteur du Poitou, Geoffroy de Charnay.
Après cette dissolution, de nombreux templiers rejoignent l'Ordre des Hospitaliers. L'ordre de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, dont la fondation est approuvée par le pape en 1113, et devenu ordre militaire en 1137, est basé à Chypre jusqu'en 1291, puis à Rhodes entre 1310-1522, à Malte jusqu'en 1800 et aujourd'hui à Rome. Le rôle de cet Ordre et de défendre les pèlerins en Terre Sainte et de leur apporter les soins.
La particularité à signaler entre l'Ordre des Templiers et le compagnonnage est que les compagnons édifiaient les édifices principaux sous la protection du Temple puis, à partir de 1312, sous la protection des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Entre 1372 et 1380 les tours sont construites par des ouvriers qui sont sûrement sous la protection des Hospitaliers de Saint-Jean dont la commanderie se dressait sur l'emplacement actuel de l'église Saint-Jean du Perrot.
Après le siège de 1628, les Protestants qui travaillaient à La Rochelle ont dû quitter la ville. En 1655 Mazarin veut monter un chantier naval à La Rochelle pour faire fructifier sa Compagnie des Indes orientales et occidentales.
Pour ce faire il passe un contrat avec un Maître compagnon protestant de Hambourg, Jean Rollet, qui vient travailler avec sept compagnons à La Rochelle.
Colbert en 1664 signera un contrat de même type avec Jean de Tersmitten, Maître compagnon hollandais protestant, chargé du chantier naval rochelais, chargé d'évaluer les marchandises anglaises prises de guerre et chargé enfin de créer une structure qui disposera de bons ouvriers qui travailleront sur un projet de ville nouvelle : Rochefort (créée en 1666).
La tour Saint-Nicolas, en 1655, n'a pas la configuration que nous lui connaissons aujourd'hui.
La tour se trouve alors sur une sorte d'îlot. La présence d'un chenal sur le côté Est explique l'impression d'avoir une île. Un parapet, encerclant la tour, accentue cet isolement. De plus les espaces environnants n'étaient en rien occupés par des habitations. La fosse aux mâts et les chantiers de constructions navales, au niveau de l'actuel parking au pied de la tour, éloignaient la population de celle-ci.
En 1652, la tour Saint-Nicolas, comme la tour de la Chaîne avait eu à subir des dommages importants dus à la Fronde.
En effet le comte du Daugnon, frondeur, Capitaine des trois tours, plutôt que de se rendre aux troupes royales venues remettre de l'ordre fait sauter la tour de la Chaîne qui servait de poudrière et se réfugie avec sa troupe (11 soldats) dans la tour Saint-Nicolas.
L'armée royale tire sur la tour Saint-Nicolas et arase son sommet. Les soldats du comte du Daugnon basculent celui-ci du haut de la tour et se rendent.
Cette situation géographique favorisait donc un isolement propice à une activité clandestine. La tour, inoccupée et tronquée dans sa hauteur intéressera les compagnons dans l'aspect symbolique extérieur.
Ses quatre niveaux serviront symboliquement les quatre paliers nécessaires à l'édification de l'apprenti jusqu'au grand Maître.
La tour a conservée dans ses murs toutes sortes de graffiti. Ceux qui nous intéressent témoignent de cette présence de compagnons qui, entre 1655 et 1672 (date de la déclaration de guerre à la Hollande) ont utilisé la tour pour initier des ouvriers, candidats au chantier naval ouvert au pied de la tour.
Ce parcours permettait aux ouvriers d'être acceptés dans la communauté comme apprentis, puis compagnons, maîtres ou grand maître.
Basé sur l'Evangile de Saint Jean, ou sur l'Apocalypse, il a une consonance religieuse.
Les compagnons vont créer des dessins symboliques basés sur une référence issue de la nuit des temps : le cercle pointé. Celui-ci, qui désigne la divinité, était utilisé aussi bien par les hommes préhistoriques que par les égyptiens.
En grec le cercle pointé est la majuscule du tau, première lettre de Théos.
Il n'est pas possible aujourd'hui d'affirmer que ce que nous présentons est exact. Nous pouvons cependant affirmer que ce n'est pas faux, que c'est "dans l'esprit compagnon " et que les faits historiques sont avérés.
Les compagnons du devoir allemands aujourd'hui encore réalisent des rites initiatiques très proches de celui gravé au XVIIème siècle dans la tour.
| L'APPRENTI |
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| Niveau 1 extérieur |
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L'initiation débute au rez-de-chaussée, en dessous de l'actuelle salle d'accueil. Avant de franchir le chambranle de la porte d'entrée, un premier graffito se présente. Le jeune apprenti se tient à genoux et met un doigt sur chaque cercle. Le cercle pointé désigne une divinité. Le nombre "3" est présent dès l'entrée. Rapprochement évident entre "allez dans l'au-del ". Le "3" est aussi synonyme de recherche du plus haut degré. Ainsi les trois cercles associés à la croix du Christ, représentent la Sainte Trinité. Cette première porte passée, peut correspondre au franchissement du pronaos, du vestibule donnant accès au Temple. Les graffiti qui succèdent au premier, et qui s'étendent de cette porte jusqu'au couloir sont l'occasion pour les compagnons de dispenser un véritable apprentissage. Cela se passe dans le plus grand secret car ces rites d'initiation au compagnonnage sont interdits |
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Ce graffito, représente la divinité descendant sur terre. | ||
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Celui-ci symbolise la divinité rayonnante. | ||
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Les trois cercles pointés se réfèrent à la Sainte Trinité. | ||
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Ce graffito montre que l'itinéraire à suivre se fera dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (1, 2 et 3). Le triangle est relié au cercle pointé par " le signe de vie ". Cette virgule de vie est souvent représentée sous forme de spirale dite d'escargot. |
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Signe des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Dans la Grande Salle du rez-de-chaussée, une procession s'organise dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, pour aboutir au 7ème graffito, celui en forme d'étoile. |
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Cette étoile est faite par l'association de trois " 4 ". Elle forme 12 triangles et un losange central. Elle est inclinée de la même façon qu'est inclinée la tour. Elle peut représenter l'étoile du matin... Les chiffres inscrits sur la figure ne sont pas dans le graffito. Ils correspondent à la gravure qui se fait sans lever la main du sommet 1 au sommet 8. |
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| La symbolique des chiffres apparaît : 1 = l'Homme 2 = la Femme, la dualité, les deux Jean, le dédoublement. 3 = la trinité parfaite (père, fils et esprit). 4 = inspiré du signe de croix, il représente le savoir-faire. 5 = le chiffre de la main. Mais il est aussi 4 + 1, c'est à dire l'homme maîtrisant son art, le compagnon. 6 = ? sur la verticale, le chiffre 7, chiffre parfait, le signe de Dieu (5+2 & 6+1). 8 = Dieu fait homme, c'est à dire Jésus, celui qu'il faut suivre. 9 = chiffre de Jean, l'initié. sur l'horizontale, le chiffre 11, chiffre de l'équilibre (8+3 & 7+4). 8+5 = 13, c'est à dire le chiffre du Christ. Les significations de cette étoile restent multiples. Ce graffito se décompose en 1 losange central et 12 triangles, c'est à dire Jésus entouré des 12 Apôtres. Quatre flèches se distinguent dans sa composition. Dans la véritable orientation que l'étoile adopte dans la tour, chaque pointe des flèches indique la direction, la région dans laquelle les différents branches se sont établies après la scission avec l'Ordre des Hospitaliers : Malte, l'Ecosse, le Portugal et l'Allemagne. |
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L'étoile dissociée et recomposée dessine au millimètre près le pectoral des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem. | ||
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De nombreux autres graffiti peuvent être répertoriés, mais ceux-ci ne semblent pas être l'oeuvre des compagnons. Ceux ci lors de l'élaboration des graffiti respectaient les mêmes mesures, angles... Ce graffito permet de connaître les différentes angulations qu'utilisent les Templiers. |
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| Niveau 2 : la salle d'accueil |
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| Le passage aux niveaux supérieurs a une référence commune. A chaque niveau, une fenêtre est orientée vers Saint Jean du Perrot, ancien lieu où se trouvait la Commanderie des Hospitaliers. Cette orientation se voit matérialisée par des graffiti. Les compagnons se servent de la structure de la tour pour faire comprendre aux apprentis leur vérité. Le niveau 1 est celui de la Terre, le 2ème celui de la végétation et le 3ème celui de l'homme et du divin. |
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La salle d'accueil Ainsi au 2ème niveau, la salle d'accueil, on retrouve les thèmes de la végétation. Les 8 piliers qui soutiennent les voûtes ont en alternance une décoration de feuilles de chênes et de feuilles d'eau. Et reliées entre elles, ces décorations traduisent la figure étoilée. |
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Derrière la porte qui mène aux niveaux supérieurs se trouve une fenêtre qui donne sur le clocher de Saint-Jean du Perrot. On trouvera donc un signe qui nous dira que nous sommes sur le bon chemin. |
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| Niveau 3 : le couloir des désillusions | |||
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Au 2ème niveau le graffito dit "de la jarretière" symbolise l'accomplissement d'une oeuvre. La jarretière (le triangle) doit être positionnée par l'apprenti au dessus de la croix, signifiant ainsi le couronnement de l'oeuvre. Ce graffito indique aussi qu'il peut y avoir association du plaisir et de la douleur, ou que la désillusion peut venir du plaisir. L'initiation de l'apprenti continue dans la salle du gouverneur. On lui indique qu'il doit poursuivre son chemin seul. Il aura sûrement des épreuves qu'il devra assumer seul. |
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Le premier graffito est celui représentant les faux amis, symbolisé par l'étoile de Salomon, rappelant la trahison des Juifs envers le Christ. Ce dessin indique aussi que le Maître d'ouvrage est un mauvais payeur. | ||
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Celui-ci symbolise les autorités politiques. | ||
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Il symbolise le Golgotha. Les croix représentent l'utilisation que l'on peut faire de la souffrance. Il y a celle du bon et celle du mauvais larron. La 3ème manque puisqu'elle correspond à celle que l'apprenti porte. La souffrance peut être source de dépassement, de rayonnement. Elle peut aussi tourner sur elle même et entraîner la mort. A l'extrémité du couloir, a lieu la mise au tombeau, la cérémonie de la mort, puis la résurrection. A ce moment, l'apprenti retourne vers le groupe où il est officiellement accueilli comme compagnon. |
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| Second circuit : Le Grand Maître | |||
| Niveau 3 | |||
| Le parcours d'initiation du Grand Maître commence à la fin de celui de compagnon. Ce parcours débute par un graffito, en face de Saint Jean du Perrot. Il symbolise les devoirs du futur Grand Maître, et se lit de cette manière : " Je suis l'alpha |
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Entre ces extrémités, se placent 7 figures, pouvant représenter les 7 églises , les 7 trompettes, les 7 fléaux... c'est à dire la série de 7 de l'Apocalypse de Jean. En somme ce cartouche caractérise les vertus que le Grand Maître doit acquérir, posséder, développer et dépasser. | ||
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Ce graffito, inscrit dans l'escalier, composé de quatre 7 (chiffre parfait), représente un sablier, c'est à dire l'épreuve du temps. Une initiation succède à ce graffito. Le grand maître se tient accroupi dos à l'escalier. L'épreuve qu'il doit surmonter est celle de gravir l'escalier en restant dans cette position. La solution est d'adopter la position alpha, c'est à dire le début de tout, le "A"comme cela est inscrit dans le cartouche situé en face de Saint Jean du Perrot. L'initiation se traduit dans cette devise : "Intégrer le passé pour mieux le dépasser. " |
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| Niveau 4 : la terrasse | |||
![]() Ces graffiti, gravés au même niveau mais sur une pierre différente, représentent la rencontre du Grand Maître avec les gardiens de la tradition du compagnonnage, ceux de la maçonnerie (la maison) et de la menuiserie (le marteau). |
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| Niveau 4 : la salle de veille |
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| Dans la salle de veille, existe un ultime cartouche, celui réalisé par le grand maître. | |||
Ce texte a 7 niveaux de lecture, car l'information doit être cachée au maximum.Le système de codage est au niveau des lettres, des symboles et des proportions. Ainsi un peut constater que le dernier " N " de la première ligne et celui de la troisième ligne sont alignés et inversé, indiquant que le texte plié, donnerait un autre texte. L'information y est multiple, tant technique qu'architecturale, historique, religieuse, mystique. On sait ainsi grâce au terme " IAVHE ", interdit par l'Eglise Catholique jusqu'à Vatican II, que ce cartouche est l'oeuvre d'un protestant. D'autres symboles apparaissent. Le " 4 " est le chiffre du devoir. Il a la position centrale dans ce cartouche. Le chiffre 13 (1+6+6), le Christ ressuscité, apparaît à nouveau. Les " T " symbolisent la croix du Christ. |
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La superposition de 3 "A" représente l'apprenti surmonté du compagnon et du maître. | ||
La première lettre symbolise celui qui verse le salaire. La lettre suivante correspond au savoir-faire, et la dernière à la Justice."DAN" et "*" symbolisent une localisation : "DAN" le nord en référence à la tribu d'Israël de Dan au nord de l'Arche d'Alliance, et "*" l'étoile du sud. Ce graffito est l'ultime de la tour. Aucun n'existe au dernier étage car dans la suite logique de superposition des niveaux, le sommet représente la mort. |
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Ces graffiti, gravés au même niveau mais sur une pierre différente, représentent la rencontre du Grand Maître avec les gardiens de la tradition du compagnonnage, ceux de la maçonnerie (la maison) et de la menuiserie (le marteau).
Ce texte a 7 niveaux de lecture, car l'information doit être cachée au maximum.
La première lettre symbolise celui qui verse le salaire. La lettre suivante correspond au savoir-faire, et la dernière à la Justice.
